Patrick Amand

Pegasus Bridge


Le pont le plus célèbre du Débarquement

                                                           
Tata Yvette habite à côté de Pegasus Bridge. J'avoue : un prétexte pour parler de mon pont préféré...               


Le "coup de main party " de la 2ème Ox and Bucks ...

                                            
                                                                      Pegasus Bridge dans les années 70


A 0h16, le 6 juin 1944, trois planeurs étaient largués non loin du canal ; à 0h20, ils heurtaient le sol à près de 150 km/h et l’adresse des pilotes avaient été telle qu’ils s’arrêtèrent aux environs de cinquante mètres du pont tournant. 

      
   Les 3 planeurs près du pont : le planeur N°1 de Jim Wallwork s'est posé à moins de 40 m !  (c) IWM

Le major John Howard, suivi de son radio, rassembla ses hommes et commença aussitôt l’attaque. La sentinelle allemande, Helmut Romer, après avoir cru à la chute d’un bombardier, fut surpris par la vue des assaillants au visage noirci. Il sauta dans une tranchée, mais la garde n’eut pas le temps de sortir, la section, logée dans les maisons voisines, de se rassembler. Tandis qua quelques hommes réduisaient la résistance à l’entrée du pont, une quarantaine d’autres, sous les ordres du lieutenant H.D. Brotheridge, le traversaient en courant pour s’emparer de l’autre extrémité. Le lieutenant fut blessé mortellement. 

                                  
                                    La tombe de Dan Brotheridge au cimetière de Ranville

Les sapeurs coupèrent les circuits de mise à feu des charges de démolition. On devait s’apercevoir plus tard que ces charges n’avaient pas encore été mises en place : elles se trouvaient dans un hangar voisin. Malgré la mitrailleuse allemande qui commandait le pont et tua plusieurs assaillants, le passage fut conquis en moins de trois minutes. Le caporal Weber réussit seul à s’enfuir ; il courut prévenir le commandant d’armes, au village, et peu après, le 2èeme bataillon du 192ème régiment de grenadiers blindés à Cairon, recevez l’ordre : « contre-attaquez immédiatement parachutistes anglais dans la tête de pont de Bénouville ».
L’opération menée par les sections de l’Oxford et Buckinghamshire Light Infantry (« Ox and Bucks »), préparée minutieusement, répétée plusieurs mois en Angleterre sur une maquette reproduisant exactement le pont de Bénouville – grâce à de multiples photographies aériennes – avait pleinement réussi. 


                                     
                                           Reconnaissance aérienne du 24 mars 1944  (c) IWM


Le radio du major Howard parvint à obtenir la liaison avec les attaquant du pont sur l’Orne : ils avaient également accompli leur mission. Le radio, Edward Tappenden, put alors envoyer le signal de victoire, et comme il ne recevait pas d’accusé de réception de la brigade, pendant une demi-heure il répéta dans son micro :
- Ham and jam … Ham and jam … Ham and jam ..., c'est-à-dire « jambon et confiture », parce que, dans le message codé, « jambon » annonçait la prise du pont sur le canal, « confiture », celle du pont sur l’Orne.

                                    
                                                                  Commémoration sur le Pegasus Bridge - 6 juin 2008
 
La situation des sections, affaiblies par les pertes et comptant plusieurs blessés, ne demeurait pas moins fort dangereuse jusqu’à l’arrivée des renforts parachutés et même jusqu’à celle des troupes venus par mer. 

                                      
                                         (c) IWM


Le 1st Special Service Brigade, avec à sa tête lord Lovat précédé de son joueur de cornemuse Bill Millin débarqués à Sword Beach, fait la jonction avec les homme de Howard (Lovat s’excusant d’avoir 2 minutes et 30 secondes de retard). Les ponts de Bénouville restèrent par la suite aux mains des Alliés.

        
                La cornemuse de Bill Millin; le béret et le casque du major Howard au Memorial Pegasus 



Bibliographie:


              Stephen AMBROSE                 Georges BERNAGE


Sites :

www.dday-overlord.com/pegasus_bridge.htm
sites.estvideo.net/normandie1944/pegasus_bridge.htm

www.normandie1944.fr/pegasus_presentation_01.php


Fin 1993, la DDE prend la décision de remplacer Pegasus Bridge par un nouveau pont : si la décision "technique" n'est pas contestable, le fait le le faire quelques mois avant le 50ème anniversaire du Débarquement apparaîtra comme ... choquante !
Pegasus sera démonté, entreposé dans un terrain vague et voué aux ferrailleurs ! La mobilisation de vétérans, de passionnés, ... permettra de le sauver. Il repose depuis 2000 au Memorial Pegasus Bridge.


   
    
Le nouveau pont(1994) et le Memorial Pegasus Bridge avec le pont historique et une réplique de planeur Horsa.
     (c) Marwan Habib



Ce pont m'a toujours fasciné : pour le fait de guerre,  le "coup de main party" qui reste pour beaucoup comme L'EXPLOIT militaire du Débarquement, mais aussi par sa forme si atypique... et ce lieu si tranquille.

Je souhaitais rendre un hommage à ce pont, mais comment ? Tout a été dit...
Alors j'ai créé un album photo pour recenser toutes les photos et documents qui pourraient lui être consacré. En lançant un appel sur internet, j'ai proposé que toute personne possédant des photos du Pegasus puissent les mettre en ligne. C'est ainsi que j'ai collecté les photos du démontage et de la construction du nouveau pont, notamment (grâce à Stéphane qui a vécu auprès du pont...) .

Depuis février 2008, plus de 600 documents sont mis en ligne !

C'est ici :
picasaweb.google.com/pegasus.bridge44




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